Auvergne-mosaïque (en chantier)
Auvergne-mosaïque (en chantier) - Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil
« Il n’y a rien qui soit d’un seul bloc dans ce monde, tout y est mosaïque » (Balzac)
Février 2009. Nous débutons le montage de notre film intitulé provisoirement Chemin faisant. Les thèmes de départ : capitalisme, religion, république. Un territoire : l’Auvergne. Nous avons tourné en travaillant avec un personnage clef dont le mouvement nous entraîne vers des rencontres, des paysages, des situations. Nous avons filmé des gens a priori ordinaires qui, à nos yeux, sont devenus extraordinaires par leur réflexion, leur façon d’être au monde, leur résistance.
Dès les débuts et jusqu’à aujourd’hui, nous nous sommes confrontés à une figure dans la fabrication du film : la mosaïque. Elle intervient dans notre approche lors des repérages et au tournage, puis dans la structure de montage et, in fine, peut-être, comme métaphore révélatrice du monde tel qu’il va. Auvergne-mosaïque est une proposition, fragile et temporaire, directement liée à ce chantier de la fabrication du film qui reconstitue ces trois niveaux. Une sorte de mise en abîme de la figure elle-même.
La juxtaposition de 9 écrans 16/9 et l’exploitation du matériau brut de tournage constituent notre base pour mettre en branle, concrètement, l’esprit même de la mosaïque : une totalité inédite encore à inventer. Par le système de diffusion en boucle et la différence de durée entre chaque unité, le dispositif crée un motif en mouvement aux combinaisons infinies, exploitant ainsi le caractère bipolaire de la mosaïque, à la fois unité de l’ensemble et discontinuité de ses composantes. Au travers d’un choix de 9 bouts de séquences, sonorisés ou non, aux résonances et connexions diverses, ce dispositif prie implicitement le spectateur de faire son travail : s’immerger, créer des liens, produire du sens. Le spectateur est ici à l’égal de l’image mosaïque : il jouit d’un horizon ouvert, une sorte de carte blanche donnée à l’invention, une activité non tenue aux résultats et n’ayant d’autre terme que la fatigue du mosaïste lui-même.
Auvergne-mosaïque (en chantier) Une proposition de Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil avec la collaboration de Delphine Duquesne et Philippe Boucq d’après le film « Chemin faisant », en montage, produit par ADR Productions et Alter Ego Films avec l’aide de la Région Auvergne, du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Communauté française de Belgique, du Centre National de la Cinématographie, de Clermont Première et de la Procirep-Angoa .
Installation dans le Foyer du festival

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